Les dames VERMIGLIO

ColoDSC03573mbe BEREAU , fille d’un terrassier et d’une femme de ménage, naît le 27 juin 1818, 79 rue de St Bond à Sens. En 1843, elle se marie avec Antoine VERMIGLIO, ébéniste.
De cette union naît trois ans plus tard Rosalie. En 1849, nait Alphonsine (morte en 1853) en l’absence du père qui ne réapparaîtra plus.

Colombe élève alors seule Rosalie et pour subvenir à ses besoins, elle exerce son don pour la couture en offrant ses services à ces dames de la société sénonaise. La Bourgeoisie sénonaise, sous le régime de Louis-Philippe, se retrouve dans les beaux hôtels du centre ville et les dames recherchent l’élégance inspirée par les Parisiennes. Elles la trouvent à travers les doigts de fée de Colombe et Rosalie qui se fait désormais appeler Léontine. Dès lors, les deux femmes s’installent dans l’actuelle rue Jean Cousin (la rue de la Serrurerie).

Elles doivent particulièrement leur notoriété à Napoline BRISSON (Petite fille d’un officier de Napoléon 1er et fille du banquier MARC) pour qui elles confectionnèrent des robes révélant son allure élégante. Le talent des Dames VERMIGLIO se fait connaitre dans les salons parisiens. Leurs robes séduisent entre autres, Miss HOWARD, Anglaise et amoureuse de Louis-Napoléon, jusqu’à ce que ce dernier ne se marie. Elle confie alors à Colombe la confection de sa garde robe.
Fortes de ce succès, elles deviennent les confidentes et amies de leurs clientes dont Caroline GUICHARD, l’épouse de Jules GUICHARD. Cet homme d’affaires qui prit la tête de la Compagnie de Suez, après le percement du canal, fut certainement un excellent conseiller financier pour les Dames VERMIGLIO.

Mais la guerre de 1870 eut raison de leurs talents et elles arrêtèrent leur activité. Elles achètent alors un terrain au lieu-dit « les Sablons » pour y construire une maison avec Chapelle et une magnifique roseraie. A la mort de Colombe en 1898, Léontine commence à se lancer dans les œuvres caritatives en faveur des femmes et des jeunes filles.

En 1928, à son décès, la ville de SENS se voir devenir légataire universelle à la condition d’employer les revenus dans la transformation de la maison en résidence pour femmes âgées et seules. Les premières pensionnaires prennent place en 1932. Une extension est alors construite, puis une seconde en 1938, avec l’actuelle chapelle dont les plans ont été dessinés par l’architecte Lazare BERTRAND, alors Maire de Sens.

Les Dames VERMIGLIO laissent derrière elles le mystère de cette fortune qu’elles ont léguées pour combattre l’abandon et la solitude.

Article rédigé par Christelle J.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*